Weekend en mer avec Disco

sunburst graphic Vendredi 1 juin 17:15 Zeebrugge Yachthaven. Le Disco (Océanis 323) et le CVD se retrouvent pour une nouvelle navigation. Certains connaissent le bateau; pour d’autres tout est à découvrir car il s’agit de leur première expérience de voile en mer. Après avoir fait l’inventaire et déplacé le bateau (fourniture de courant électrique oblige) place à un bon apéro suivi d’un couscous royal au cours desquels nous faisons plus ample connaissance. Petite promenade digestive le long des quais qui nous amène à une terrasse avec point de vue imprenable sur … un porte-container de taille XXL en cours de déchargement.
Après une eau de Villée préparée avec savoir faire par Patrick, et dégustée avec sagesse par l’équipage, nous allons tous rejoindre notre couchette.

sunburst graphic Samedi 2 juin. La météo annonce un vent de NNE force 3-4, une couverture nuageuse se réduisant au fil des heures, et pas de précipitations. Nous larguons les amarres à 09:45 et entamons la longue traversée du port de Zeebrugge, à l'écoute du canal 71 (Haven control) Alors que nous approchons de la sortie de l’avant-port, nous voilà face à un mur de brume. A peine avons-nous décidé de faire demi-tour que nous sommes enveloppés dans un brouillard à couper au couteau. Alors que nous retournons sur nos pas, la VHF annonce à plusieurs reprises une visibilité nulle ainsi que du trafic entrant. La position donnée par notre GPS n’est d’aucune utilité car les échelles de la carte des bancs de Flandre et de l’Almanach sont inadaptées. En l’absence de tout repère , et sans radar, à force de tâtonnements, nous finissons par identifier une bouée à quelques dizaines de mettre d'une jetée située dans la partie Est du port. A cet endroit il y a peu de fond, et nous sommes assez décalés par rapport à la route possible d'un cargo. Nous décidons donc de rester momentanément à cet endroit. Pendant que Philippe continue à signaler notre présence à l'aide de la corne de brume, le contrôle du port insiste auprès d’autres bateaux pour qu’ils serrent leur droite et interpelle un voilier qui prend la direction de la mer en lui disant diplomatiquement « nous sommes étonnés que vous veuillez sortir ». La corne de brume d'un cargo nous indique qu'il n'est pas très loin de nous mais nous n'y voyons toujours rien . Enfin une trouée dans la brume, assez grande, nous permet de constater que le plan d'eau est dégagé et nous en profitons pour traverser le port et regagner la marina qui est restée sous un soleil à peine voilé. Nous nous engageons trop tôt entre les pontons et aboutissons dans un étroit cul de sac. C'est l'occasion de mettre en pratique la théorie sur les pas hélices et parvenons à faire demi-tour en pivotant sur place. Nous revoici au point départ enrichis d'une nouvelle expérience de navigation dont nous tirons les conclusions (comme baptême du feu, les novices ont été servis!). Pendant ce temps, nous entendons par-dessus les buildings un concert de cornes de brume.

sunburst graphic Celle-ci finit par se dissiper, et nous quittons Zeebrugge pour de bon à midi, cap au 280 Après une heure de navigation, nous entamons des exercices de mises à la cape. Il est utile de connaître cette manoeuvre car elle permet d’immobiliser un voilier de manière stable dans des conditions de vent musclées ( ce fut notamment le cas en septembre 2006 au Veerse Meer où cette technique fut utilisée pour rester à proximité d’un catamaran qui avait chaviré par force 5, le temps de s’assurer que l’équipage parvenait à se tirer de ce mauvais pas). Chacun s’exerce à cette manoeuvre, jusqu’au moment où Georges tombe à la mer. Ce dernier est constitué d’un pare-battage arrimé à un seau qui fait office d’ancre flottante. Nous entamons alors la manoeuvre de récupération d’homme à la mer, sous voile et sans l’aide du moteur (qui peut le plus peut le moins). Pendant qu’un équipier ne le quitte pas des yeux, nous revenons au près sur Georges et virons juste derrière lui pour nous retrouver à la cape à son vent. Il ne nous reste plus qu’à le hisser à bord à l’aide de la gaffe. Cet exercice est répété une seconde fois . C’est aussi l’occasion de multiplier les virements de bord et les empannages, mettant ainsi à contribution tous les membres de l’équipage. Pendant ces manoeuvres, le courant nous a sensiblement déportés vers l’Est et le vent faiblissant, nous décidons d’aller à Blankenberge où nous arrivons vers 18 heures. Toutes les prises de courant étant cadenassées, nous allons aux renseignements et apprenons que la marina est partagée entre trois clubs qui gèrent chacun les pontons à sa manière. Nous déplaçons donc le bateau jusqu’au tout dernier ponton, au fond de la marina, où nous pouvons sans problème nous connecter aux bornes électriques. Pendant que François nous prépare un spagheriz, nous partons à la recherche d’un apéro que nous dénichons chez le « pakistanais » du coin (la version locale du Night&Day). Nous passons une très agréable soirée réunis dans le cokpit, tandis que le soleil décline vers l'horizon.

sunburst graphic Dimanche 3 juin. Après une nuit réparatrice et un bon petit-déjeuner, nous appareillons à 10 heures et passons de justesse sur les hauts-fonds qui barrent le chenal principal. Notre programme : aller virer quelques bouées au large avant de revenir sur Zeebrugge. Le soleil est radieux, le ciel dégagé, un petit force 3 du NE nous accompagne, et monte progressivement à 4 tout au long de la journée, nous obligeant à prendre un ris en début d’après midi. Cette journée est idyllique, nous savourons tous ces conditions de navigation et c’est un équipage comblé qui remet les clés du bateau à 17:30, prêt à renouveler l’expérience.