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L'estuaire de la Tamise
( Navigation en mer: épisode n° 4):
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Vendredi 30 août 2007.
Arrivée à la Westhinder Marina de Zeebrugge avec bagages et avitaillement. Après l'inventaire d'usage, nous prenons possession du Boogie, un Océanis 343 tout neuf, dont le coin navigation est ... dépourvu de GPS. Celui-ci se trouve en fait dans le cockpit sur la console du Barreur, sans le moindre répétiteur à l'intérieur. Heureusement, nous avons toujours avec nous le GPS portable du CVD, et celui-ci sera utilisé pour effectuer le travail sur carte.
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Samedi 1 septembre 2007.
Nous appareillons à 09:53 avec deux ris dans la grand-voile car un force 5 du NO nous attend à la sortie du port. Cela bouge pas mal pour une première journée sur l'eau. Personne ne s'attarde à l'intérieur car les organismes ne sont pas amarinés. Bientôt les premières "fusées" sont envoyées et chacun résiste comme il peut,tant bien que mal. Au Vu de l'évolution de l'état de l'équipage et comme le vent, mal orienté, ne devrait pas sensiblement faiblir, nous décidons de faire étape à Nieuwport où nous pourrons digérer à l'aise cette première journée de navigation. A 16:35 nous nous amarrons à la place qui nous a été attribuée pour la nuit. Le soleil bien présent toute la journée à laissé son empreinte sur quelques visages. Personne ne se fait prier pour aller dormir après un bon souper.
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Dimanche 2 septembre 2007.
Après une nuit de repos bien venue, nous larguons les amarres à 08:15 , avec 1 ris. Un force 4 d'Ouest nous attend à la sortie du chenal. Nous voilà partis au près serré pour un bout de temps. Cela secoue toujours autant que la veille mais le bateau marche bien, avec une bonne gîte. Les organismes sont manifestement mieux adaptés que la veille, si ce n'est François déjà fortement marqué la veille, et dont l'état ne semble pas s'améliorer. À 11:45 nous prenons un deuxième ris. Le vent monte encore en puissance pour atteindre un petit force 6 en s'établissant au OSO vers 13:00.
Nous passons la bouée Mid falls à 17:45. Le vent descend à un force 4 orienté à l'Ouest et nous larguons un ris à 18:05.
Malgré le vent soutenu, la progression n'est pas très rapide car celui-ci est mal orienté par rapport à notre destination. Aussi à 19:45 nous affalons les voiles et mettons le cap directement sur Ramsgate où nous arrivons à 22:45.
Votre serviteur ne prend pas le temps d'identifier correctement la bouée latérale verte qu'il faut contourner avant de passer au pied de la jetée et nous nous plantons donc dans un banc de sable qui ne laisse guère de place à la navigation (nous ne sommes qu'au début de la marée montante, et le coefficient de la marée est de 81). Pendant que nous essayons de nous dégager, un marin local, visiblement habitué à ce cas de figure, vient spontanément nous déhaler avec sa puissance barque. A 23:00 nous nous amarrons au ponton des visiteurs. La journée fut longue et un bon apéro ouvre la soirée.
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Lundi 3 septembre 2007.
Après un repos bien mérité et un petit déjeuner conséquent, nous appareillons à 10:45 et mettons le cap à L'Est. Un force 4 NW nous permet de bien avancer sur l'eau, mais bientôt le courant s'inverse et ralentit notre progression de presque deux noeuds. Il faut se rendre à l'évidence, si nous voulons atteindre l'embouchure de la Medway river comme initialement prévu, nous n'y serons pas avant une heure du matin et l'étape suivante étant longue également, le schéma arrivée tardive/départ tardif risque de se reproduire à nouveau. Il est donc décidé de revenir sur Ramsgate afin d'appareiller plus tôt le lendemain matin, et dans de meilleures conditions de courant.
Après avoir pris un bon goûter agrémenté d'une Chimay, nous allons visiter le port et le front de mer. Nous scrutons quelques bateaux-musées ayant participé à l'exode de Dunkerque ainsi qu'un remarquable remorqueur à vapeur encore en état de marche. Le soleil déclinant derrière les nuages offre de superbes jeux de lumière sur le bassin principal. Sur le chemin du retour, nous croisons un vrai faux Bobby, plus vrai que nature.
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Mardi 4 septembre 2007.
Appareillage à 8:25 sous un ciel bleu, cap au Nord avec au programme deux heures de moteur, le vent dans le nez et un courant portant.
A 10:35, nous passons Tongue Sand Tower, mettons le cap au 280, et hissons la grand-voile avec deux ris pour nous retrouver au près serré tribord amures avec un force 5 NNO. Le courant s'inverse au même moment et continue à nous accompagner dans notre progression. Après avoir contourné le parc à éoliennes situé sur Middle Sand, nous abattons pour nous diriger vers l'embouchure de la River Medway en ne manquant pas d'observer au passage les mâts de l'épave de la seconde guerre mondiale encore chargée d'explosifs.
Après avoir remonté la rivière sur quelques milles, nous pénétrons dans Sharfleet Creek, où nous mouillons à 16:25. Cette belle journée sous un soleil radieux se poursuit par un excellent apéritif. Trappistes et vins se dégustent dans un cadre paisible agrémentés, entre autres, d'une excellente noix de jambon. Pour le souper, François, qui revit un peu, nous concocte une excellente assiette de pèches au thon.
L'étape du lendemain étant à nouveau assez longue, nous ne tardons pas à rejoindre nos couchettes, avec la satisfaction d'une journée de navigation vraiment très réussie.
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Mercredi, 5 septembre 2007.
Le ciel, la mer, tout est gris. Un force 2-3 d'Ouest nous permet de rejoindre la mer, destination Harwich. Nous traversons le chenal principal et longeons Maplin Sands pour rejoindre Kings Channel. Le ciel se dégage et le soleil se fait de plus en plus généreux. Nous apercevons enfin une plate-forme qui nous indique que Harwich n'est plus très loin.
Conformément aux instructions nautiques, nous restons à l'extérieur du chenal d'approche jusqu'à ce que nous soyons à l'entrée du port où nous nous mettons à la recherche de la cardinale Est (Shelf), que nous finissons par identifier, curieusement toute petite.
Nous commençons alors la remontée de la rivière Orwell en admirant au passage les nombreux voiliers tant en action qu’au mouillage, le tout dans une luminosité particulière due au soleil qui décline vers l'horizon.
Après avoir franchi plusieurs coudes, nous arrivons à notre destination : Woolverstone Marina. Comme nous ne parvenons pas en entrer en contact par vhf, nous repérons une place libre sur un des premiers pontons. Se faufiler entre les bateaux et virer dans un mouchoir de poche avec un courant traversier n’est pas du tout évident, et plusieurs équipiers doivent prendre position sur le ponton pour aider à la manœuvre.
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Le responsable de la marina vient alors nous trouver et nous indique la place que nous devons prendre pour la nuit, c-à-d à l'extrémité nord de la marina. Nous nous y rendons sans problème, et prenons garde au courant portant, lors de l'accostage, pour ne pas aller emboutir le ponton avec notre étrave. Nous nous retrouvons ainsi en première ligne pour recevoir le clapot soulevé par le vent. Heureusement, celui-ci faiblira peu après et l'endroit se révèlera finalement assez confortable.
Nous avons entendu parler d'un pub typique qu'il faut absolument visiter lorsqu'on passe dans la région. Après avoir soupé, nous entamons dans l'obscurité notre expédition pédestre. Après plus d'une heure de marche et quelques visites chez l'habitant pour demander notre chemin, nous arrivons enfin au 'Butt & Oyster'. Ce pub se trouve à côté d'un ancien chantier naval où étaient construites les barges de la Tamise. En franchissant le seuil nous entrons dans une autre époque. Un groupe de musiciens-chanteurs est en pleine action, et nous nous asseyons pour les écouter en dégustant une Guiness ou un whisky. Dans l'assistance, personne ne parle car chacun écoute religieusement ces chansons de mer en profitant pleinement du moment présent.
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Jeudi 6 septembre 2007.
La météo annonce pour les heures à venir un vent faiblissant à force 1 sur la zône où nous nous trouvons. 85 milles nous séparent de Zeebrugge. Nous larguons donc les amarres à 10:00 afin de ne pas être piégés dans la pétole. La descente de la rivière Orwell se fait au vent arrière, poussés par un petit force 3 NW qui nous laisse tout le temps d'admirer une dernière fois le paysage. Il est 11:40 lorsque nous quittons le port, et entamons la traversée du retour. A peine sortons nous du chenal d'approche, que le vent tombe complètement l'espace de quelques minutes. Il s'établit maintenant au NE et monte progressivement jusqu'à un force 4. Le bateau, réglé au près bon plein babord amures allonge la foulée, et bientôt le speedomètre affiche 7 noeuds. La gîte, non négligeable, et l'état de la mer qui s'agite quelque peu, rendent les déplacements à l'intérieur plutôt acrobatiques. Jean expérimente une nouvelle technique pour préparer le dîner: assis par terre, c'est encore là que cela bouge le moins, et pas de risque de voir les plats et casseroles partir en vol plané. La cuisson sur le réchaud se révèle beaucoup plus délicate mais il s'en tire avec tous les honneurs bien que physiquement éprouvé. Cela mérite un coup de chapeau!. Le bateau flirte en permanence avec les 7 noeuds, et la traversée s'annonce beaucoup plus rapide que prévu. Pendant qu'André se repose, nous avalons le rail à toute vitesse, et grand est son étonnement de voir à quel point nous sommes avancés lorsqu'il émerge de sa cabine. À 23:20 nous passons la cardinale Est 'Goote Bank' et entrons dans le vif du sujet, c-à-d l'approche de nuit de Zeebrugge. Les lumières sur la côte sont nombreuses et ne facilitent pas le repérage des feux de navigation. Il y a un trafic de gros bateaux, et André met toute sa concentration à suivre les instructions du navigateur tout en surveillant le trafic. Dans de telles conditions, on est loin d'une navigation de plaisance.
A 01:35 nous nous présentons à l'entrée du port, illuminée de part à d'autre, comme un luna park, par de puissants néons qui masquent complètement les feux (une occultation toutes les 7 secondes) mentionnés sur la carte.
Nous affalons les voiles dans l'avant port et repérons un dernier alignement de feux pour finalement rejoindre la marina au moteur, en nous imprégnant de ces derniers moments de navigation nocturne. Le bateau retrouve sa place à deux heures du matin et nous mangeons quelques crêpes avant de plonger dans nos sacs de couchage au terme d'une journée bien remplie.
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Vendredi 7 septembre 2007.
Nous remplissons les dernières formalités avec le loueur qui nous renseigne un restaurant où nous comptons aller manger de bonnes moules. Arrivés sur place, point de moules au menu, mais de copieuses et succulentes assiettes garnies de fruits de mer. Nous y gagnons au change et après avoir savouré ces derniers instants ensemble, nous regagnons les voitures pour un retour sans problème vers Namur.
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